Bal des citations.

Publié le par Jérôme LJ

"La notion de société du risque est très opératoire. On réalise que les experts sont dans la même situation d'aveuglement que le reste du public, mais qu'ils ont la tâche importante de décider, en temps réel, de l'expérience collective que nous sommes en train de parcourir. La notion de risque code un changement de société très important entre le moment où on dit : "je m'en remets aux experts, ils connaissent les risques de l'améiante, de l'anthrax, et le moment où, renversement de perspective, on se met à douter d'eux, partant du fait qu'ils sont aussi aveugles que nous. Pour l'instant, nous sommes dans la période déplaisante où l'on accuse les experts de se tromper. Mais l'étape suivante, que j'appelle l'expérience collective, est déjà bien esquissée dans la société du risque. Nous acceptons le fait que l'expert ne maîtrise pas tout. (...) Le principe de précaution indique que nous sommes tous des chercheurs".

Bruno Latour dans Un monde pluriel mais commun - 2005 - Editions de l'Aube - p.34
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"Aux Etats-Unis, certaines communes n'hésitent pas à consacrer 70% de leur budget à l'arrosage et à l'entretien de leurs gazons. La pelouse y désigne le pouvoir. Bien tenue, elle est progressivement devenue, de manière consensuelle, un élément de qualité de vie essentiel en tant que signe d'appartenance communautaire (...). Partant, elle est aussi signe d'exclusion : une maison à la pelouse pelée est un "territoire étranger et signifie que l'homme qui l'habite est exclu ou s'exclut lui-même (...). Les sociétés transforment leur environnement immédiat à l'aune de leurs différences culturelles, par les pratiques dont elles l'investissent et les représentations dont elles l'habillent. En ce sens, qualité de la vie et qualité de l'environnement ne coïncident pas nécessairement. Les impératifs du développement durable exigent cependant de les articuler".
 


MANCEBO François - L'information géographique n°3 - 2007 ; p.84 

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"Notre société "moderne" se distingue de celles qui l'ont précédée en faisant de la convoitise infinie son moteur (...). Il ne s'agit pas seulement d'accepter ses désirs, de vivre ses envies, il s'agit d'en vouloir toujours plus, et nous ne sommes pas loin de condamner moralement celle ou celui qui ne s'applique pas à en vouloir plus"

JUVIN Hervé - Philosphie Magazine n°18 - Avril 2008 

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"Aujourd'hui, la densité de population est de 32 habitants par km2 pour l'Afrique Sub-Saharienne. C'est plus que l'ensemble Amérique latine-Caraïbes (28) et quatre fois moins que pour l'ensemble de l'Asie (128). Si vous prenez en compte les densités à partir des superficies de terres arables et cultivables, vous arrivez à des résultats stupéfiants : la Mauritanie passe d'une densité de 3 à 529 habitants au km2 ; la Somalie de 14 à 817 ! ..."


GUENGANT Jean-Pierre
Le Monde du 17/12/2007

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"En obligeant le capitalisme à se justifier, la critique l'oblige à renforcer les dispositifs de justice qu'il comporte et à se référer à certains types de biens communs au service desquels il dit se mettre. Mais nous avons vu également que l'impact de la critique pouvait être indirect en incitant le capitalisme à "se déplacer" plus vite, c'est à dire à changer la nature des épreuves centrales dans son ordre, pour échapper à la critique dont il fait l'objet"


BOLTANSKI, CHIAPELLO, 1999, Le Nouvel Esprit du Capitalisme, 840p

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"L’acte-même de se poser un but utopique crée une situation dans laquelle, vraisemblablement, l’inaccessibilité du but ne sera pas imputée à sa nature utopique, mais plutôt à l’impuissance du sujet qui, par exemple, se dira : alors que ma vie devrait être remplie d’expériences et de joies, je suis plongé dans la banalité et l’ennui ; je devrais éprouver des sentiments intenses mais je suis incapable de les faire naître en moi. L’abandon, la dépression, le retrait, peut-être le suicide, voilà quelques résultats prévisibles de cette impasse"


WATZLAWICK, 1975, Changements - Paradoxes et psychothérapies, 189p


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