Une semaine d'actualité urbaine à Mexico

Publié le par Jérôme LJ

Pour mémoire, la zone métropolitaine de la Vallée de Mexico s'étend sur 6000 km2 et compte 22 millions d'habitants. A titre de comparaison, un département comme l'Ille-et-Vilaine fait 6700km2 et compte 1 million d'habitants...

Je vous propose ici quelques résumés d'articles parus récemment dans la presse quotidienne mexicaine. Ils nous renseignent sur l'actualité urbaine de la mégapole.

La Cronica de Hoy 11/04/2008. Le Gouvernement du District Federal a acheté des terres aux Ejidos de la Delegacion Tlahuac pour construire la ligne 12 du Métro. Le prix, environ 600 pesos le m2, est largement au dessous de ce qui était demandé par le regroupement d’agriculteurs. Ces derniers et leurs familles ont néanmoins obtenu d’être prioritaires pour exploiter les boutiques commerciales à l’intérieur des futures installations et pour occuper les postes d’accueil, d’entretien et de vente des billets.


La Reforma 11/04/2008. La sortie du métro Chilpancingo encombrée par les vendeurs ambulants.
Plus de 300 vendeurs informels se postent quotidiennement à proximité de plusieurs sorties du métro. Le passant ne dispose que d’un demi-mètre de largeur de trottoir pour se frayer un chemin! Depuis 3 ans le Gouvernement du District Federal doit les reloger. Or ils ne font qu’augmenter en nombre. La cause ? Tous ont été chassés du centre historique par les autorités. Ils se concentrent maintenant sur les sorties de métro péri-centrales ! On n’aura pas de mal à trouver des produits contrefaits à moindre prix ainsi que de quoi boire et manger : le week-end, le nombre de vendeurs double ! Organisés en association, ils forment une coalition puissante face aux autorités. 

Vue sur le volcan Popocatepelt (5200m) depuis Texcoco - Etat de Mexico (© Jérôme LJ)

La Réforma 10/04/2008. La superficie agricole exploitée s’est réduite de 2000 hectares dans le DF de 1999 à 2006 (soit 500 terrains de football par an). Cette nouvelle est l’occasion pour un économiste mexicain d’insister sur les multiples services qu’apportent les quelques 24 000 hectares de terres agricole encore existants : recyclage du dioxyde de carbone, recharge des aquifères, filtration de l’eau, garantie d’un approvisionnement local en denrées alimentaires dans un contexte mondial inflationniste, possibilité de réduire le nombre d’intermédiaires du fait de la proximité géographique et ainsi de réduire les prix. Par ailleurs, la diversité des productions est intéressante : avoine, maïs grain, nopal, brocoli, haricots, pommes de terre. De son côté, Ignacio Ruiz López, Directeur du développement rural pour la ville de Mexico souligne l’importance stratégique de promouvoir et d’aider les 33 000 agriculteurs pour que leur activité soit suffisamment attractive et rémunératrice. Objectif : contenir la progression du front urbain.  Le délaissement progressif des questions agricoles par les autorités publiques a précipité les ventes de terres ou leur construction par les agriculteurs eux-mêmes. Le Directeur du Développement Rural annonce aujourd’hui deux nouveaux programmes en faveur de l’emploi agricole et de la commercialisation des productions. Le budget de sa direction passe de 126 millions de pesos en 2007 à 325 millions en 2008  


La Jornada 9/04/2008. Faire du District Federal le New York latino-américain !
Objectif : séduire davantage américains et européens. Un tunnel routier sera construit entre l’avenue Juarez et la place Garibaldi, l’espace public pourra ainsi être totalement offert aux modes de déplacements doux. La Zona Rosa, quartier branché de la ville, va bénéficier de mesures ambitieuses pour redorer son image. Un projet éco-touristique pourrait naître sur la délégation de Tlahuac, majoritairement rurale. Les instances nationales du tourisme et leurs homologues du District Fédéral unissent leurs efforts pour faire de Mexico une des capitales touristiques qui compte sur l’échiquier mondial.


La Reforma 6/04/2008. Ils envahissent et ils restent : la seule délégation de Tlahuac compte 93 implantations irrégulières
sur une superficie de 4296 hectares. La délégation est l’équivalent institutionnel de l’arrondissement à Paris. Les 7500 logements concernés (soit 40 000 à 60 000 personnes) sont construits sur des terrains non constructibles car classés en « suelo de conservacion ». Ce sont des regroupements d’agriculteurs (Ejidos) qui ont vendu ces terres collectivement. En l’absence de contrôles et de police du sol, les acquéreurs ont pu y développer progressivement des centaines de construction. La majeure partie de ces implantations ont plus de 10 ans, certaines ont 35 ans. Ces nouveaux quartiers sont socialement hétérogènes. Certains n’ont que des rues en terres battue et en pierre, des tas d’immondices les parsèment. Les services de base sont assurés par la débrouille : des camions citerne livrent l’eau, l’installation électrique anarchique vole l’énergie aux quartiers voisins. D’autres sont constitués de maisons plus soignées, leurs rues sont asphaltées, l’eau potable et l’électricité y arrivent. Reloger toutes ces personnes représenterait un coût social énorme. La Délégation souhaite aujourd’hui les régulariser et, ce faisant, modifier en conséquence son plan de développement urbain.

 


Chinampas de Mixquic (délégation Tlahuac) - Parcelle de Brocolis (
© Jérôme LJ)


El Milenio Diario 4/04/2008. 60% de la population du District Federal ne dispose pas de son propre logement. Le gouvernement accorde donc des crédits à des centaines de mexicains pour qu’ils puissent accéder à la propriété. Une cérémonie de remise de ces crédits était organisée le 3 avril en présence du maire de Mexico. Sur 420 000 pesos, le Gouvernement prend à sa charge 50 000. Sur 345 crédits délivrés ce jour là, 70 étaient destinés prioritairement à des personnes vivant auparavant sur des zones à risque naturel élevé (éboulement, affaissement de terrain).


La Cronica de Hoy 3/04/2008.
La politique de densification du centre de Mexico a généré 11 500 millions de pesos de bénéfices en faveur des promoteurs et des autorités entre 2001 et 2007. C’est l’équivalent du budget annuel de fonctionnement du réseau de transports collectifs dans son ensemble ! Sur les 31 000 appartements produits, 60% sont irréguliers : les immeubles sont plus hauts qu’autorisés voire même implantés sur des espaces non destinés à l’habitat. Pire, cinq bâtisses classées « patrimoine culturel » ont été démolies pour laisser place à des constructions neuves. Des fonctionnaires affiliés aux partis politiques du PRI et du PRD sont soupçonnés de connivences.

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