Gare péri-urbaine en déshérence

Publié le par Jérôme LJ

Monnaie affiche 3800 habitants en 2007. Elle a connu une forte croissance puisqu'elle en comptait 500 de moins en 1999. Elle doit son attractivité résidentielle  à la proximité de Tours. L'échangeur de l'A10 situé non loin permet d’accéder au cœur de la capitale tourangelle en quinze minutes.


                                                               © Jérôme LJ

Le développement urbain de la commune se fait sous une forme exclusive, celle du lotissement. Des dizaines de maisons frêles s’alignent, toutes identiques. Elles sont posées au milieu de parcelles exigües. Les gens sont chez eux mais n’ont aucune intimité. Ils planteront de hautes haies de lauriers ou de sapins pour se protéger du regard de voisins auxquels on se contentera de dire bonjour, si toutefois on les croise.


Ce qui oriente la localisation des lotissements, c’est l’accès aisé à l’ancienne RN10, véritable colonne vertébrale de la commune. Monnaie n’a d’autre particularité que d’être une ville-rue linéaire encombrée d'un trafic automobile dense.


                                                                          © Jérôme LJ

Un peu en retrait, décor pétrifié hérité de l’après guerre, la gare de Monnaie semble étrangement à l’écart du dynamisme communal. L’horloge ne fonctionne plus. 4 trains s’y arrêtent chaque jour. Pas de modernisation en vue avant… 2020 ? Echéance aussi longue qu’incertaine. Logique me direz-vous, si les gens se déplacent en voiture ! Cercle vicieux…

Les habitants de Tours auront un beau tramway, ceux de Monnaie devront payer cher le pétrole et s’en accomoder. La précarité énergétique rattrapera ceux qui ont dû fuir la ville pour trouver à se loger.

                                                                          © Jérôme LJ


Identifier le potentiel de reconquête des friches ferroviaires sur cette ligne (ainsi que sur les autres au départ de Tours), quantifier le nombre de logements que l’on pourrait y construire, modifier les documents de planification, fixer des exigences d'urbanisme spécifiques sur ces espaces et mobiliser l'investissement privé serait sans doute plus prioritaire qu’un tramway. Objectifs : abosber la croissance démographique, réduire la dépendance automobile, limiter l'étalement urbain, faire émerger de nouvelles centralités permettant aux futurs habitants de s'épanouir localement. Initiative moins porteuse en terme d’image et plus complexe en terme de gouvernance, elle n'est portée par aucun chef de file. Considérés isolément, communautés de Communes, Etat, Région, Département, SNCF n'ont pas la légitimité, seuls, de mener la réflexion. L'approche ne peut plus être institutionnelle, elle doit être territoriale. Le territoire ici, c'est la ligne et ses traversées urbaines. Le chef de file, c'est le territoire, la responsabilité revient aux collectivités de s'associer.


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