Au Mans, les Nouvelles Galeries sont passées à la postérité. A défaut de servir de modèle ?

Publié le par Jérôme LJ

Lorsqu'on se balade en centre-ville du Mans, il est difficile de ne pas remrarquer le bâtiment qui abritait auparavant les Nouvelles Galeries. Il a été classé Monument Historique au début des années 2000. Une boutique Eurodif occupe aujourd'hui le rez de chaussée et l'entre sol.  Construit par l'architecte Paul Auscher en 1904, le magasin ouvre grand sa gueule aux consommateurs par une monumentale poutre treillis empruntée à la technologie Eiffel. Elle soutient toutes les pierres de la façade. Ce qui impressionne, c'est également la hauteur de l'immeuble par rapport aux bâtiments voisins. Il proposait  à l'époque pas moins de 4 étages de vente.  2 autres étages étaient consacrés au personnel (cuisines et dortoirs). Véritable ruche bouillonante, pleine de vie et d'échanges, riche de sons, l'intérieur était traité en métal autour d'un grand patio central avec balustrades et verrières.

Cette description succinte de ce que furent les nouvelles galeries au Mans nous donne à réfléchir sur l'urbanisme commercial aujourd'hui. Tout oppose ce magasin de ceux qui ont fleuri ces dernières décennies et fleurissent encore aujourd'hui en périphérie des villes. Les Nouvelles Galeries sont situées en plein coeur de la cité. On s'y rend à pied. L'ambiance sonore est faite de discussions, d'échanges nombreux, le magasin est un point de rencontre incontournable dans la ville. De part son organisation, les salariés sont au coeur de son fonctionnement. La densité commerciale est forte avec 4 étages de vente. Le bâtiment est un signal de par sa hauteur. Son architecture laisse une grande place à l'innovation, c'est une signature. Le nom de l'architecte est d'ailleurs encore aujourd'hui bien en vue sur la façade.

Sur les boîtes rectangulaires grises et blanches flanquées d'une enseigne Décathlon, Castorama, Saint-Maclou ou encore Carrefour, rares sont les architectes à avoir apposé leur nom. C'est sans intérêt. Seule la marque est un signal. On est très loin de la recherche architecturale, tout autant que de celle d'économie d'espace. Les magasins sont de plein pied, à croire que le foncier agricole est une ressource illimitée. La voiture est reine. On y fait néanmoins venir des lignes de bus urbains. Etant donné la monofonctionnalité de ces espaces constitués uniquement de surfaces commerciales, ces lignes placent la collectivité en situation de prestataire de service pour grands groupes privés. Les salariés se plaignent régulièrement de leurs conditions de travail autour de machines à cafés ou de micro-ondes flanqués dans de très spartiates lieux de convivialité.

On a alors envie de dire : inspirez-vous des Nouvelles Galeries! Les grandes enseignes, parties prenantes de projets urbanistiques d'ampleur, réinvestissent aujourd'hui les centres-ville et sur plusieurs étages, pour preuve le projet du Champs de Mars à St Brieuc, le tout récent centre commercial de la Visitation à Rennes ou encore l'Heure Tranquille sur le quartier des Deux Lions à Tours.

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