Les contours de mon engagement

Publié le par Jérôme LJ

Je vous propose ici l'exposé de quelques uns de mes choix de vie qui rythment mon quotidien. Ces choix sont le fruit d'une volonté de faire évoluer progressivement (mais surement) ma consommation vers davantage de sobriété et de pleinement tirer parti du pouvoir qu'elle me confère sur le système économique, sur l'environnement écologique et social. Soyez le changement que vous voulez pour le monde disait Gandhi ! Néanmoins, nul triomphalisme dans les lignes qui suivent. Pour deux raisons. D'une part, je suis convaincu que beaucoup de personnes comme moi s'engagent, peut être de manière plus prononcée, et sont conscients de la nécessité de réinterroger leurs habitudes. D'autre part, ces choix de vie sont purement individuels alors même que c'est l'action collective qui serait la plus pertinente et efficiente pour faire bouger les lignes. Mais j'y pense...

Déplacements en transports collectifs
Je souhaite vivre dans une agglomération importante. Mon nouveau lieu de travail se situe en revanche dans une petite ville du péri-urbain à une demi heure de route de Tours où j'ai désiré poser mes valises. Un des intérêts non négligeable de mon lieu de travail est qu'il se situe près d'une gare. J'ai décidé d'exploiter cet avantage. J'ai donc cherché un logement suffisamment proche de la gare de Tours pour que je puisse me rendre à pied à la gare et prendre le TER ensuite. Le choix d'un mode de déplacement collectif m'a orienté dans ma stratégie de localisation résidentielle, et non l'inverse. Pourquoi ce choix : davantage de sérénité et de confort lors des migrations quotidiennes (pas de bouchons, possibilité de lire le journal...), division par 2 du coût de transport par rapport à la voiture (ce ratio ne considère pas l'usure de la voiture, il serait encore plus favorable), division par 4 des émissions de gaz à effet de serre par passager, pratique et expérience de l'espace public par la marche à pied et les rencontres improvisées et inattendues. On comprend pourquoi ces raisons sont suffisamment puissantes pour que le transport collectif oriente ma localisation résidentielle. Certes l'immobilier en centre-ville coûte plus cher. J'ai pris un logement de taille modeste.

Modification de l'approvisionnement alimentaire
Je me suis senti angoissé l'autre jour au supermarché. Je ne voyais pas ce que je pourrais acheter. C'est, à vrai dire, un petit mal pour un grand bien. La grande surface n'est plus  le théâtre de mes pérégrinations hebdomadaires pour trouver à manger. Je vais au marché. Le marché est un lieu formidable pour s'enquérir tout bêtement de la vie des tomates (le mildiou fait-il des ravages cette année?), apprendre la saisonnalité des produits agricoles, faire vivre une agriculture paysanne et locale. Derrière tout cela : la limitation des intrants chimiques, la réduction des transports, la création de valeur ajoutée sur le territoire, l'activation de liens de proximité avec les artisans et producteurs. J'achète désormais des produits très nombreux et variés au marché : légumes, oeufs, fromages, fruits, lait, pain, viande. Tous sont locaux et... bio!
Je suis également sociétaire d'une coopérative bio. Tout comme des centaines d'autres consommateurs, je suis donc actionnaire de l'entreprise et je peux participer au Conseil d'Administration ainsi qu'à des commissions réfléchissant sur les approvisionnements, l'agencement du magasin, la communication etc... Sur chacun de mes achats, je bénéficie d'un prix "sociétaire", une réduction dont une partie est mise de côté pour accroître mon capital dans la coopérative. Ce capital, c'est une trésorerie assurée en permanence pour la coop bio.  

La vie en appart : des économies d'énergie
Une maison individuelle consomme 10 à 40% de plus qu'un logement collectif pour le chauffage. Mon appartement se situe entre le premier et le troisième étage de mon immeuble, je profite donc d'une chaleur tournante! Je n'ai jamais senti la sensation de froid, un petit radiateur en fonte suffit à chauffer l'appart. Ma voiture est garée sur un parking que partagent d'autres citadins, c'est le principe du stationnement en ville. Cela prend tellement moins de place qu'un double garage accolé à une maison individuelle!

Suivi de la consommation : mon agenda 21 perso
Limiter la part modale de la voiture dans les déplacements, réduire le poids des hypermarchés dans l'approvisionnement alimentaire, accroître la part des produits bio... ces objectifs n'ont de sens que s'ils sont mesurés. J'ai donc construit très simplement sur Excel des tableaux de suivi de ma consommation. Si l'alimentaire représentait en octobre - novembre 2007 19 à 21% de mes dépenses mensuelles, il compte en août - septembre 2008 pour 23 à 25%. J'achetais à plus de 50% dans les supermarchés ou hypermarchés, leur part de marché est aujourd'hui tombée à 25%. Je ne mange pas plus mais mieux ! Mon pouvoir d'achat n'étant pas extensible, je fais des arbitrages. Certes ma télé ne fait que 36cm, mais je n'ai pas le besoin d'un écran plus grand.  


Plus cher?
Une baguette classique de 200 grammes coûte aujourd'hui 1€, soit 5€ le kilo. Le pain bio d'un kilo coûte lui 4,10€, Non seulement il est moins cher, mais en plus il ne sèche pas, il est bien plus nourissant qu'une baguette et on peut le manger complet sans craindre les pesticides qui ont tendance à se concentrer dans l'enveloppe du blé. Prendre le TER coûte 2 fois moins cher que la voiture, ce qui contrebalance en partie un loyer de centre-ville plus élevé. J'ai opté pour des noix de lavage : grosses économies sur la lessive en perspective. 1 sac d'un kilo à 10€ devrait me durer 1 an.

En projet
La location d'un jardin familial dans l'agglomération tourangelle
L'achat de paniers de légumes bio auprès d'une association, qui à travers la production maraichère, permet à des adultes de trouver un emploi et de construire un projet professionnel

Commenter cet article