En 2007, les villes remporteront leur duel face aux campagnes

Publié le par Jérôme LJ

Pour la première fois de l'histoire la planète comptera en 2007 plus d'urbains que de ruraux. Un pays comme la Grande Bretagne a connu ce même point d'inflexion... mais en 1851, alors que la première Révolution Industrielle (celle de la vapeur et du charbon) batait son plein.

 

Un nouveau défi pour les villes

La plupart de ces nouveaux venus en ville vivent dans les pays en développement. L'urbanisation risque donc d'accéler la formation de bidonvilles. On estime en effet à 1/3, la proportion de citadins qui vivra dans un bidonville en 2007. La question environnementale se trouve bien évidemment en filigrane de ce processus. La faiblesse de l'approvisionnement en eau potable de ces zones, l'absence de réseaux d'eaux usées, la localisation des nouvelles implantation sur des terrains contaminés non draînés... autant de facteurs qui font craindre la montée des maladies en tous genres.

Certains parlent à ce propos de "handicap urbain", considérant, sans tord, que ce sont toujours les plus démunis qui souffrent de ces conditions. Révoltes urbaines et instabilité sociale sont à craindre, comme à Haïti.

On aime à penser que ce phénomène ne peut pas être une fatalité. Les objectifs du Millénaire pour le Développement, programme lancé par l'ONU, a pour objectif, à l'horizon 2020, d'améliorer la vie de 100  millions d'habitants vivant dans des conditions urbaines difficiles. Voeu louable mais au combien décalé par rapport à l'ampleur des enjeux de développement urbain dans ces pays.

Facteurs clés de succès

Certains ont peine à croire que Londres, elle aussi, a connu la multiplication des bidonvilles aux XIXèm siècle, alors que le développement industriel vidait les campagnes de leur force de travail. Les expériences de résorption des bidonvilles en Grande Bretagne ou ailleurs, font ressortir plusieurs conditions au succès de cette résorption :

- les aménagements sont d'autant mieux réussis qu'ils promeuvent la mobilisation conjointe des habitants, des entreprises et du gouvernement

- cette mobilisation conjointe doit s'opérer à petite échelle, sur des ensembles tels que les quartiers, de manière à éviter le risque d'enlisement bureaucratique et de constater rapidement les efforts consentis par les parties prenantes,

- la présence d'un gouvernement central fort est, par ailleurs, garante d'investissements publics conséquents mobilisés en fonction d'objectifs clairement affirmés. Le gouvernement central a également un rôle à jouer en amont, à savoir dans la manière de diriger les migrations à l'échelle nationale.

- enfin, la résorption des bidonvilles semble indissociable d'une réforme foncière. Régulariser le régime foncier des parcelles sur lesquelles s'implantent les nouveaux arrivants accroît la motivation de ceux-ci à améliorer leur habitat. A défaut de  réforme foncière, ils restent à la merci des promoteurs.

Pour plus d'infos, lire Problèmes Economiques n°2910 8/11/2006, p.42-45

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