En partance pour le rêve... aux alentours de l'aéroport international de Mexico

Publié le par Jérôme LJ

Le contraste entre l’intérieur de l’aéroport international de la ville de Mexico et les rues alentours frappe l'individu qui arrive sur le sol mexicain emprun des valeurs d'égalité, de liberté et de fraternité. L’aéroport est un de ces lieux de transit pour hommes et femmes globales. On y croise des gens de haute classe, des gens pleins de manières. Les magasins hors de prix, les bureaux de change attendent les euros et les dollars en pattes. En dehors, à quelques centaines de mètres des terminaux, des mexicains vendent une panoplie d’avions miniatures fabriqués par eux-mêmes et vendus à un prix dérisoire. On trouve aussi des cacahuètes et toutes sortes de revues sans intérêt, disposées sous des boutiques de fortune, à peine protégées de la pluie par des bâches trouées. Sur la passerelle piétonne d’un vert défraîchi qui traverse l’avenue Zaragosa, beaucoup d’enfants accompagnés de leurs parents s’agglutinent pour regarder le ballet des avions qui atterrissent et qui décollent. Un ballet inlassable seulement accessible par le regard. Un regard animé par l’espoir d’évasion. Peut-être jamais ces rêveurs aux yeux écarquillés n’auront accès à ce fabuleux moyen de transport. Je reste une vingtaine de minutes parmi eux, leur silence contraste avec l’environnement bruyant. Les dissuade-t-il de parler ou se concentrent-ils uniquement sur le spectacle qui leur est donné ? Se déplacer jusqu’à cette passerelle à la vue incomparable est sans doute un objectif de sortie pour ces familles venues au complet : contempler les engins désirés, entre le bruit des réacteurs et le vacarme de l’avenue à cinq voies qui passe sous leurs pieds. Les places ici sont chères.

 

 

L’aéroport international est à l’étroit, à quelques dizaines de mètres des habitations. Le front urbain a envahi ses abords, alimenté par l’arrivée de milliers de migrants venus des Etats les plus pauvres du Mexique. La vision des 747 qui survolent les gratte-ciel dans un fracas assourdissant effraye toujours l’étranger. Les avions blancs se détachent au loin tels de splendides colombes sur un ciel gris ardoise annonçant l’arrivée de l’orage de chaleur. Vers l’Est, les volcans ressemblent à des spectres sans vie. Leurs formes massives se distinguent à peine, dissipées qu’elles sont par le nuage de pollution. Même les neiges éternelles du Popocatépetl (5400m) se font invisibles. Avec 18 millions d’habitants et des transports en commun indigents, la voiture individuelle est reine. Elle fournit à elle seule 75% des polluants qui font de la cuvette de Mexico l’un des endroits les plus irrespirables de la planète, perché à 2000 mètres d’altitude. J’en arrive à envier les nantis qui, dans l’avion, vont s’extirper de cette pesante contamination. J’observe mes compagnons éphémères et me console en apercevant le rêve dans leurs yeux brillants d’admiration, ces yeux qui leurs donnent une foi inébranlable en la vie. L’avion leur sera accessible, un jour peut-être. Ils  pourront alors prendre la mesure de l’immensité de l’hydre urbaine dans laquelle ils évoluent chaque jour. Pour l’heure, leur transhumance vers la passerelle leur autorise au moins une chose : la partance pour le rêve.  J.LE JELOUX

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Jane 29/03/2008 17:04

 

julien 20/01/2007 23:53

pamal le blog bien intelectuel mai c cool!lol