Beauregard : quand une ville se pose dans le bocage

Publié le par Jérôme LJ

 

 

 

 

 

 

              Photo 1. Parc de Beauregard                                 Photo 2. La nature aménagée

 

 Visite étonnante que celle du nouveau quartier de Beauregard à Rennes. A l'horizon 2015, ce sont 11 000 nouveaux habitants qui vivront dans ce morceau de ville créé ex-nihilo sur un secteur agricole stratégiquement localisé. Nous sommes ici en effet sur l'une des dernières réserves foncières à l'intérieur de la ceinture de rocade rennaise. Beauregard est, avec d'autres projets en cours dans la capitale bretonne (La Courrouze, Chardonnet notamment), l'illustration du modèle urbain rennais. Cité en exemple dans le petit monde de l'urbanisme, ce modèle consiste à densifier l'intra-rocade, à préserver une ceinture verte en périphérie dédiée à l'activité agricole et à renforcer les pôles urbains secondaires qui composent l'agglomération (Pacé, Vern...). Le tout se base sur une forte tradition de maîtrise publique de l'urbanisme qui a permis à la ville et à la communauté d'agglomération de constituer de vastes réserves foncières sans lesquelles la réalisation du quartier de Beauregard n'aurait pas été possible.

 

Une visite étonnante disais-je. On a, c'est vrai, l'impression que la ville se pose comme par magie sur le bocage pré-existant (photo 2). Parti pris urbain réussi! Les chênes centenaires qui jalonnent les espaces publics et coeurs d'ilôts apportent comme une touche d'air frais. La nature au milieu des espaces artificialisés apporte l'ambiance sonore des chants d'oiseaux et l'ambiance olfactive du bois et de la terre. Simplement en parcourant les rues de Beauregard, on se rend compte que le concept urbain séduit : beaucoup de jeunes couples avec enfants ont choisi ce compromis de la nature en ville. Dans les rues au trafic faible et les coeurs d'ilot protégés par des grillage bas, ils trouvent sécurité et sociabilité garanties pour leurs bambins. La proximité des transports en commun préserve leur autonomie lorsqu'ils commencent à s'affranchir du cadre familial. A ce propos, le partage de la voirie a été pensé de manière à consacrer une large place aux modes de déplacement alternatifs : bus, vélos, et piétons (photo 4).







Photo 3. Coeur d'ilôt        Photo 4. Partage modal de la voirie

 

 

Très loin de ce qu'on peut voir dans les centres anciens où les immeubles et vieilles maisons sont très souvent accolées avec un accès aux cours intérieures difficile, la forme urbaine ici est celle de l'ilôt ouvert (photo 3). Des bâtiments autonomes s'organisent autour des rues traditionnelles. On chemine très facilement entre les constructions, on accède tout aussi aisément dans les coeurs d'ilôt. Espace privé et espace public sont donc assez enchevêtrés, parfois un simple portic sépare les intérieurs d'ilôts de la rue. L'impression de fluidité domine, on peut traverser le quartier en suivant simplement les chemins piétonniers ou les petits parcs semi-privés. Ici on s'étonne d'une forme architecturale, ailleurs on découvre un coeur d'ilôt dont on n'envisageait pas l'existence. A l'instar d'un paysage de bocage, Beauregard ménage les surprises.

Photo 5. Façade Sud donnant sur coeur d'ilôt             Photo 6. Immeuble Salvatierra

Belle surprise d'ailleurs que cet immeuble Salvatierra (architecte Jean Yves Barrier), figure de proue du développement durable pour le quartier (photo 6). Un capteur solaire de 80m2 intégré à la toiture du bâtiment couvre 50% des besoins en eau chaude sanitaire. Le bâtiment marie matériaux modernes et traditionnels (>>+ de détails).

Enfin, il n'est pas de ville sans centralités. Une zone commerciale d'une dizaine de boutique s'insère en coeur de quartier et s'organise autour d'une vaste place dédiée à la flanerie et aux terrasses de café. Beauregard voit aussi s'installer les toutes nouvelles archives départementales (photos ci dessous). JLJ

 

 

 

 

 

 

 

Plus d'infos : le site de la ville de Rennes.

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